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Avec la contraception, beaucoup de femmes pensent maîtriser leur procréation et pouvoir décider du moment où elles auront un enfant. Or la réalité peut être plus complexe.La plupart des couples confrontés à une infertilité éprouvent un sentiment d'injustice. Ne pas pouvoir donner un enfant à l'autre génère une culpabilité, qu'il faut désamorcer au sein du couple.
Réintégrer la parole et la complicité, travailler sur l'estime de soi et de l'autre malgré l'épreuve, une démarche qui est indispensable. “C'est dans la tête, tu y penses trop…” Ces réflexions renforcent les doutes : “Si je n'y parviens pas, c'est donc ma faute !” Décomplexez-vous. Même si certaines infertilités peuvent résulter de blocages psychologiques, ces cas concernent principalement des histoires lourdes.
Outre le rejet de celui qui est infertile et des fantasmes qui y sont associés, “si j'étais resté avec mon ex, j'aurais déjà des enfants”, il est nécessaire de dépasser le sentiment de malaise vis-à-vis de la famille, des amis ou des collègues. Le fait de savoir qu'une fonction naturelle chez d'autres se révèle complexe pour soi provoque des jalousies. Ceci est encore plus criant dans une fratrie où il réveille des compétitions affectives anciennes.
Ce sentiment difficilement exprimable se transfère alors sur des inconnus : “je ne supporte plus de voir des enfants dans la rue”, “la une des journaux people avec les stars enceintes m'agace…” Ces couples se sentent décalés avec, à la clé, le risque de s'isoler progressivement.
Bien que la cause de l'infertilité ne soit féminine que dans 60 % des cas, c'est souvent la femme qui endosse la responsabilité de l'infertilité face aux autres et à la famille. Un mensonge par omission, car il est difficile de remettre en cause la virilité du conjoint.
Mais à qui confier ce lourd secret de l'infertilité ? Briser le silence et partager la tristesse sont des étapes importantes. « Il n'est pas douloureux de parler ; ce qui fait mal, c'est de vivre l'échec » assure Léa Karpel, psychologue clinicienne à l'hôpital Antoine-Béclère de Clamart.
Si un des partenaires a demandé expressément le silence à l'autre, s'engage alors un conflit de loyauté : trahir la promesse faite au conjoint ou mentir à sa famille. A deux ou avec l'aide d'un psychologue, le couple doit apprendre à libérer sa parole.